Société
Forum Russie–Afrique de la jeunesse : l’OJA plaide pour une jeunesse actrice de la coopération

Représentée par son Président, ABDESLAM SBATRI invité d’honneur à Moscou, l’Organisation des Jeunes Africains (OJA) a défendu le 28 octobre 2026, lors du Forum de la jeunesse du 3e Sommet Russie–Afrique, une conviction : les jeunes ne sont pas les destinataires des partenariats internationaux, ils en sont les premiers concepteurs.
Du 28 au 29 octobre 2026, Moscou a accueilli le troisième Sommet Russie–Afrique, après Sotchi en 2019 et Saint-Pétersbourg en 2023. En parallèle d’un Forum économique et humanitaire, un Forum de la jeunesse s’est tenu à l’Université MGIMO. C’est dans ce cadre que l’OJA a pris la parole, à la suite de la cérémonie d’ouverture, et qu’elle a participé, en qualité d’expert, à la discussion consacrée au capital humain de l’Afrique.
Des défis réels, une ressource considérable
Chômage et sous-emploi, inégalités d’accès à une éducation de qualité, formations en décalage avec les besoins du marché du travail, difficultés d’accès au financement et à l’entrepreneuriat, inégalités sociales et territoriales : le constat dressé par l’OJA ne minimise aucun des obstacles qui freinent les jeunes Africains. Les données internationales le confirment. Selon l’Organisation internationale du Travail (OIT), le chômage des 15-24 ans a atteint 12,4 % dans le monde en 2025, soit 67 millions de jeunes, et plus de 257 millions de jeunes n’étaient ni en emploi, ni en études, ni en formation. Dans les États arabes et en Afrique du Nord, au moins un jeune sur trois se trouvait dans cette situation, et le chômage des jeunes y atteignait 22,6 % en Afrique du Nord. En Afrique subsaharienne, l’OIT relève la combinaison de fortes pressions démographiques et d’un nombre insuffisant d’emplois décents.
L’OJA refuse pourtant de réduire la jeunesse africaine à ces difficultés. Dynamique, créative, ambitieuse, porteuse de solutions, elle représente « une richesse humaine considérable » pour le continent comme pour ses partenaires.
Concevoir, et pas seulement bénéficier
Créée en 2008 au Maroc, l’OJA est une organisation de la société civile engagée pour la promotion de la jeunesse, l’inclusion sociale, l’engagement citoyen et la protection des personnes en situation de vulnérabilité. Son expérience de terrain lui a enseigné qu’une politique de développement ne produit pas de résultats durables sans la participation active des populations concernées ni le soutien des organisations qui travaillent à leurs côtés. D’où sa position : les jeunes ne doivent pas être uniquement les bénéficiaires des partenariats internationaux, mais aussi leurs concepteurs, leurs acteurs et leurs ambassadeurs.
Les domaines de coopération identifiés par l’OJA sont l’éducation, la formation professionnelle, la recherche, l’innovation, le commerce, l’entrepreneuriat et le transfert de compétences. Pour qu’ils profitent concrètement aux jeunes, elle appelle à des programmes de formation, à des échanges universitaires et professionnels, à un accompagnement des initiatives entrepreneuriales et à des partenariats qui permettent aux organisations locales de renforcer leur impact. Les organisations de la société civile doivent enfin être pleinement associées à ces dynamiques, en raison de leur proximité avec les populations et de leur capacité à identifier les besoins réels du terrain.
Trois principes pour la coopération
Les échanges de ces deux journées ont conforté l’OJA dans trois orientations.
Le capital humain d’abord. Le développement de l’Afrique ne peut se concevoir à travers ses seules ressources naturelles ou ses potentialités économiques. Il repose avant tout sur la capacité du continent à investir dans ses femmes et ses hommes : une éducation de qualité plus accessible, des compétences renforcées et de véritables perspectives d’insertion professionnelle et d’entrepreneuriat. C’est sur ce terrain que l’OJA a apporté sa contribution lors de la discussion consacrée au capital humain de l’Afrique, en partageant son expérience de la création, du développement et de la gestion d’une organisation de jeunesse, ainsi que les projets qu’elle porte, et sa réflexion sur la formation, l’autonomisation, l’emploi et le leadership des jeunes.
La société civile, partenaire à part entière. Organisations de la société civile et structures dirigées par des jeunes ont un rôle essentiel dans le rapprochement entre les peuples. Parce qu’elles connaissent directement les réalités du terrain, elles sont en mesure de traduire les orientations politiques et les ambitions de coopération en initiatives concrètes, adaptées aux besoins des jeunes.
Des partenariats plutôt que des rencontres sans lendemain. Les rencontres internationales comptent, mais leur valeur se mesure à leur capacité à produire des collaborations durables. Cela suppose des mécanismes qui permettent aux jeunes et à leurs organisations de travailler ensemble, d’échanger leurs expériences, de partager leurs compétences et de construire des projets communs.
Une Union pour prolonger le dialogue
La participation de l’OJA s’est prolongée par un acte : la signature, au nom de l’organisation, de l’acte constitutif de l’Union de la jeunesse russo-africaine (RAMS), qui lui permet de prendre part à la mise en place d’un nouveau cadre de coopération entre organisations de jeunesse russes et africaines. Les échanges institutionnels à l’Université MGIMO ont, pour leur part, éclairé les perspectives de coopération entre les structures de jeunesse des deux espaces et les conditions de relations durables entre organisations.
L’OJA entend désormais contribuer à la structuration de l’Union, avec son expérience de terrain, son réseau de partenaires et sa connaissance des réalités africaines. Sa priorité est que cette présence se traduise en opportunités, en partenariats et en projets concrets au bénéfice de la jeunesse africaine. [Lire notre article sur la création de l’Union : lien
C’est le sens de l’appel lancé à Moscou : « Faisons de la jeunesse non seulement une priorité de nos discours, mais une priorité de nos investissements, de nos partenariats et de nos actions. »
Sources : déclaration conjointe Russie–Commission de l’Union africaine (TASS) · OIT, communiqué du 11 août 2026 · OIT, Global Employment Trends for Youth 2026
